jeudi 10 décembre 2015

L'ENNUI

L'ennui, c'est que j'ai parfaitement conscience que j'étais heureux.

Chaque jour qui passait, à chaque journée qui commençait, j'avais peur que la vie me retire ce précieux trésor.
Toi qui était beau, fort, fidèle, et lié à ma modeste personne par un lien éthérique éternel.

L'ennui, c'est que l'éternité n'existe pas en ce monde.

Ce cadeau des Dieux que la vie m'a offert a fait de moi l'un des hommes les plus heureux, en ce bas monde.
Regarder mon chien me donnait envie de chanter, de me promener sans crainte à travers les difficultés de la vie.

L'ennui, c'est que j'étais tellement heureux que je n'avais d'autre choix que de vivre sa mort, afin d'acter par ma peine insurmontable l'immense profondeur de cet amour.

L'ennui, c'est que je n'ai pas trouver comment réussir à arrêter mon cœur de battre.
J'aurai tant aimé mourir de tristesse...


Mais l'ennui, c'est que le destin en a décidé autrement...

vendredi 4 décembre 2015

TOUTOU

Elle ne comprenait pas l’amour d’un homme à son chien, de ces échanges de caresses dont parfois elle rêvait.
L’incompréhension s’agrandissait lorsque le gros toutou prenait sa place sur le canapé.
Et plus encore lorsqu’elle constatait cet amour total, qui fixait son maître chaque seconde.
Elle ne savait plus si elle avait aimé si profondément un homme ou si un homme l'avait aimé autant.
P’têtre bien que non, puisqu’à finir, elle est toujours célibataire, et sans enfant.
Pourtant, même à cet instant là, malgré les années, qui sont passées, et les expériences accumulées, elle ne comprend pas cet amour, qu'un homme peut éprouver envers son animal de compagnie.
Est-ce au dessus de ses forces, de sa compréhension ou a-t-elle entrevue l'amour comme étant un sentiment élaboré entre deux êtres humain seulement?
Elle ne peut même pas nommer ce sentiment si puissant entre ces deux êtres. Du moins, se refuse-t-elle a appelé cela de l'amour au sens propre. Comme si l'amour était l'exclusivité de l'humanité envers la seule humanité.
Elle ne peut se l'avouer, mais elle est totalement dépassée par ce phénomène, qui selon elle ne devrait existait qu'entre deux personnes. Le reste n'étant, pour elle, qu'une conjoncture de vie...
A cause de cet amour qu’elle ressent entre ces deux êtres, elle ne pourra jamais s’engager avec cet homme.
Sentimentalement, même si elle sait que cet homme l’aime réellement, elle n’arrive pas à croire qu'il dispose en lui d’un amour, qui serait susceptible de se partager à trois, et elle se sent un peu ridicule.
Elle pense, que tant que ce bout de poil est en vie, elle n'aurait aucune chance d'atteindre la place Alpha dans le couple.
Le résultat de simples relations physiques, qui n'ont jamais abouti à la relation métaphysique? Peut-être, qui sait...
Oui, elle en a dévoré des hommes dans sa vie, mais jamais un seul ne l’a dévoré d’un amour comme elle l’aurait souhaité. D'ailleurs depuis qu'elle a rencontré cet homme et son chien, elle se demande si elle a vraiment été aimé dans sa vie.
Plus d’un y est passé, mais il n’en est que peu resté. Certes de belles histoires ont commencé, mais qu'en est-il resté?
L’idéalisme du premier amour a bravement survécu, mais est-il allé plus loin que ne se situe cet amour, que son âme désire déployer de toute sa force, dans sa vie de tous les jours?
Elle est heureuse pour cet homme, mais elle reste pudiquement gêné par cet être à poils qui indéniablement est le centre de tout.
Comment, par quelle magie ou sortilège, ces deux êtres ont-ils réussi à ne former qu'un?
La synchronicité parfaite de deux êtres ou l'autre est le centre de sa vie.
Bien que deux, ils étaient un!
S’il n’y avait pas eu ce chien dans l’existence de cet homme, elle se serait sûrement lâchée, et n'aurait jamais refoulé le fait de vivre pleinement cette histoire d'amour, qui s'annonçait prometteuse.
Mais à quoi bon prendre tous les risques dans une relation amoureuse, si un autre amour surpasse l'amour qu'elle s'était imaginé recevoir de l'autre?
L'amour n'est qu'un sentiment, qui ne demande qu'à vivre simplement, chaque jour qui passe. Il n'est rien d'autre.
Le maître et son chien ne se sont fait aucune promesse, et pourtant, à chaque instant, l'un protège l'autre, et l'un ne peut être sans l'autre.
Ensemble, ils étaient invincibles ou prêt à mourir ensemble.
Cela ne se commande pas, mais s'exécute!
Elle n'est pas jalouse de cette relation, bien au contraire. Lorsqu'elle a découvert cette relation, son âme était devenue tournoyante, souriante, les bras s’enroulant vers le ciel, s’inventant une danse céleste.
Mais peu à peu, plutôt que de s'imaginer se rapprocher un peu plus vers une relation tripartite, son esprit s'est laissé aller, à laisser s'envoler ces deux êtres à leur destiné.



mardi 29 septembre 2015

Rencontre imaginaire

Certains parlent pour ne rien dire.
Toi, je t'écoute et je m'inspire.
J'ai envie de te serrer dans mes bras,
Et vivre avec toi dans l'au-delà.
L'amour sera notre forteresse,
Contre toutes les formes de détresses.
C'est le plus beau des trésors,
Et il vaut bien plus que de l'or.
Nous consacrerons notre temps,
Auprès de tous ces pauvres gens,
Qui n'ont ni à boire, ni à manger,
Ni où se loger, ce toute l'année.
C'est notre devoir d'agir avec bonté.
C'est un autre aspect du verbe aimé.

Nous élèverons de nombreux animaux,
Et nos jours n'en deviendront que plus beaux.
Dans le grand jardin d'été,
Où nous aimons nous promener,
Nous admirerons la beauté de toutes ces fleurs.
Humecterons à grand poumon leurs senteurs;
Parfums qui emplissent nos coeurs,
Et nous amène à un plus grand bonheur.
Nous nous promènerons à cheval,
Et parcourrons ton pays natal.
Nous dormirons à la belle étoile,
Sous une immense tente en toile.
Allongé près d'un feu improvisé,
Plus que jamais nous pourrons nous aimer.

mercredi 23 septembre 2015

L'espace d'un amour

J'ai quitté ma planète,
A bord d'une navette,
Pour faire un voyage interstellaire,
A une vitesse proche de celle de la lumière.

Tu te trouvais sur la constellation d'Orion,
Et moi, je me baladais dans les environs.
Ton sourire était semblable à mille étoiles.
Aucun peintre ne saurait le mettre sur toile.
Encore plus belle que les déesses des contes de fées,
Aucun mot ne saurait d'écrire l'étendue de ta beauté.
Et mille page d'un livre n'en serait qu'un résumé.
Ta bonté de coeur était démesurée.
Avec toi, je vivais un rêve éveillé.

J'ai tissé un nuage d'étoile,
Lui ai donné la forme d'une voile.
On s'en est allé rejoindre la comète de Halley.
Dans le fin fond de l'univers, elle nous a amené.

En parcourant l'infini,
Nous nous sommes unis.
Nous donnions vie à toutes nos envies.
Et de nos amours naquit,
Une toute nouvelle forme de vie.

Notre relation a fait grand bruit,
Car notre amour s'étend à l'infini.

lundi 21 septembre 2015

Vicky

Tu es belle,
Comme une rose éternelle.
Tu es sage,
D'une jeunesse d'un autre âge.
Fidélité,
C'est le nom que je t'attribuerai.
Car toi, Vicky,
Tu es le symbole de ma vie.

Je t'ai perdu,
Tu n'es jamais sorti de ma vue.
Et dans mon coeur,
Il y a toujours cette cette ferveur.
Cette flèche,
Qui brûle comme une mèche.

Preuve d'un amour,
Qui a jailli en moi pour toujours...

vendredi 28 août 2015

LE TRAIN 418

Je me retrouve, encore, à attendre le train 418.
Mais cette fois les motifs sont différents.
Autrefois, sur ce quai, c'est toi que j'attendais.
Les émotions d'alors étaient très vives et m'envahissaient.

Aujourd'hui, bien qu'atténuées, elles me sont toujours présentes.
A ces émotions se mélangeaient nombres de questions, qui m'éprenaient face au doute de ne point d'apercevoir.
Mon coeur battait au rythme de l'amour, et mon âme rayonnait d'une densité proche de celle qu'émet la lumière du soleil.
Lorsque le train entrait en gare, mes sens étaient à l'affût, et mes yeux désiraient t'apercevoir avant que les tiens ne puissent trouver les miens.

Je t'aimais tant...

Ma vie était un sourire et mon coeur respirait de joies.
J'avais parcouru longtemps la lumière de l'espérance, et pensais qu'en ta compagnie, je marchais sur le chemin de l'amour.
Je pensais avoir trouvé la femme avec qui il était bon d'unir sa vie.

Mais malheureusement devant le fait accompli, c'est vide de ta présence, que je vis et attend sur le quai le train 418.

A présent, lorsque je prends celui-ci, c'est pour rejoindre la destination où le bonheur m'appelle, celle-la même où ma peine me rejoint.

vendredi 21 août 2015

L'homme d'un seul rêve

J'avais rêvé d'un amour que nul ne pouvait envier, parce que nul n'avait pu l'imaginer.
J'avais rêvé qu'en son sein, mon coeur renfermait un temple d'or.
Que le flux de l'amour était similaire au dernier rayon de l'espérance.
Qu'il était capable d'aider toutes les âmes pures, afin de les guider vers le chemin céleste.

Mais sorti du rêve, je ne peux que constater que ma vie n'est qu'un hivers, qui n'en finit pas.
Que mon coeur n'est qu'une fontaine, qui n'a de source que l'eau qui se noie.
La vie est un abîme, où corps et âme, je me perds dans mes ténèbres.

J'aurai tant voulu aimé et être aimé, mais je ne suis que l'homme d'un seul rêve.

jeudi 13 août 2015

Le baiser d'une vie

Fils de paysan que j'étais, je ne pouvais que te regarder passer en chantant.
A cette époque, j'aurai tant aimé être le jardinier de ton coeur.
J'attendais à ma fenêtre, que tu viennes ensoleiller mon paysage.
Je voulais tant croire en l'amour que l'on s'imagine.
Qu'il soit aussi léger qu'une plume, mais aussi résistant qu'une enclume.

Il m'a fallu attendre une année, pour un jour réussir à m'élancer.
Poussé par le souffle de mon coeur, je t'ai avoué ces quelques mots :
Ma demeure est modeste, mais tu es la demeure de mon coeur.
Tu as rougi, a fermé les yeux, et tu m'as embrassé.
Ensuite, tu m'as remercié, et est partie.

Depuis, je vis dans ce monde, pour te rejoindre dans mes rêves...

samedi 30 mai 2015

LE MAUVAIS CHOIX

NOTE : Toute personne écrivant une situation doit être capable d'écrire son exact contraire. Ce texte reflète donc la personne qui a fait le mauvais choix. Le prochain texte sera celle qui a fait le bon choix. Bonne lecture.

LE MAUVAIX CHOIX

Je m’étais senti protégée parce que j’avais une situation privilégiée.

J’étais responsable « Qualité » auprès de ma banque. Seule entreprise au monde, où le client n’est pas roi, mais bel et bien sujet. Quand ce n’est pas esclave de notre pouvoir infini! 
Je savais pertinemment que mon espace professionnel était un monde de requins, mais mes revenus était tels qu’ils m’ont aveuglé, et ne m'ont pas permis de comprendre, que le meilleur des prédateurs se fait également chasser un jour ou l’autre, soit par négligence, soit par prétention d’invulnérabilité...

Les lapins ne chassent pas, mais peuvent facilement amener les chasseurs dans des sentiers escarpés !

Notre uniforme vestimentaire n’est pas réglementé, mais les chaussettes blanches sont interdites, parce qu’il est proscrit de montrer patte blanche.

Après la crise des subprimes, que nous avons volontairement crée, nous avons offert nos dettes colossales à ces petits peuples, que l’on méprise tant. 
Sans nul doute, après ce hold-up  mondial, nous nous sommes crus tout permis.

Les gens ne pouvaient se venger de nous car le mot banque leur est abstrait, et ne représente finalement personne. De plus, ces pigeons avaient encore quelques économies chez nous, et cela a été bien suffisant, pour qu’ils aient la volonté de ne pas nous voir faire faillite.

Depuis ce grand moment, nous ne nous sommes plus sentis pété ! Invulnérables et intouchables, voilà ce que nous avons cru être comme étant la vérité éternelle, de notre position sociale !

Nous sommes ceux qui reçoivent le plus grand nombre d’insultes et de menaces, et l’on s’en est toujours contrecarré. 
En première ligne, de toutes les façons, notre personnel n'en est pas à devenir indispensable!

Notre esclave… Pardon, notre client dit ou écrit un mot plus haut que l’autre, et zoup, un appel à la police, un clin d’œil au juge, et bang, une incarcération préventive et la première page dans les journaux. Le peuple avait été prévenu : Pas touche aux banquiers ! 

Nous n’avons rien de respectable, pas une once d’humanité en nous, mais nous avons pris le pouvoir sur les êtres humains, et cela nous abstient de toute réflexion sur ce que nous sommes.
N’oubliez jamais que c’est grâce à nous qu’Hitler a réalisé ses plus basses besognes, et que nous n’en avons jamais été inquiétés !

Parmi toutes les menaces, que nous recevons, il y a eu un jour, un homme, qui avait une haine absolue de notre enseigne, du directeur de l’agence et de son personnel. Il faut dire que l’on n’avait pas respecté la loi, et que l’on l’avait mis dans une telle merdre financière, qu’il en avait perdu son équilibre psychologique, et ce jusqu’à en perdre son travail, alors qu’un grand avenir lui était destiné.

On en avait rien à foutre de sa gueule ! Comme tous les autres bougres de clients, ce n’était qu’un esclave de plus dans notre système. Une petite merde comme une autre, quoi… 
Mais cette fois là, nous avons commis une grave erreur, car cet homme n’était pas un simple plouc.

Lorsque qu’à cause de nous, il s’était retrouvé dans la rue, il n’avait pas fait que découvrir un monde impitoyable… Il avait appris à le maîtriser et à devenir une figure emblématique. 
Tellement de personnes lui étaient redevables d’avoir était présent, là où tous les autres les avaient abandonné...

Nous avons fait de cet homme un monstre, sans nous douter une seule seconde qu’il réussirait à se surpasser, et à nous démontrer plus tard qu’il allait parfaitement nous rendre la monnaie de notre pièce.

Nous avons négligé l’impact du désordre psychologique, dans lequel nous l’avons contraint à vivre. 
A tort, nous avons pensé qu’il était comme les autres : un petit homme fait pour vivre et mourir en tant que tel…

Nous avons été trop loin avec lui, assurément. Alors qu’il nous remboursait ses dettes, et donc qu’il respectait ses engagements, nous nous sommes permis de mettre son compte à découvert, sans l’en informer au préalable. 
C’est à ce moment précis, alors que la vie lui avait donné une seconde chance,  qu’il a perdu son sang froid, et a décidé de se venger; conscient qu’il allait mettre son devenir à tout jamais en fin de non recevoir.

Je n’ai jamais su, si c’est en prison qu’il a réussi à organiser tout cela ou s’il avait préparé son plan diabolique, juste avant que nous le fassions incarcérer, pour une période de quatre années, pour menace de mort. 
Nous n’avons même pas réussi à prouver qu’il était le commanditaire de ce jour noir, maudit...
Et ce même si, pour nous, cela ne faisait aucun doute.

Qui d’autre aurait pu agir avec autant de perfection ?

Nous avons fait l’erreur de croire que son niveau scolaire reflétait ce qu’il était devenu, au cours de toutes ces années qui s’en étaient ensuivies. 
Il était devenu un être libre grâce au savoir, et un homme reconnu pour sa bonté profonde. 
Une personne capable d’anticiper, de prévoir, et d’agir en conséquence, et ce avec une précision qui ferait pâlir le plus fin des stratèges. 
Lorsque nous l’avons mis au pas de notre pouvoir, nous avons, à tort, pensé, que nous l’avions soumis comme les autres, grâce à notre écrasant pouvoir. 

C’est à cet instant là, si l’on peut dire, que nous nous sommes suicidés…

A cause de nous, il a perdu tous ses liens avec sa famille, et nous l’avons sciemment laissé dans un champ de ruine. 
Nous tuer pour ce que nous lui avions fait subir n’avait aucun intérêt. 
La seule chose qui lui importait était de nous faire comprendre les conséquences de nos actes inhumains, en les vivant nous même. 
Aucun d’entre nous n’a compris le sens de la rue qu’il avait mentionné sur son courrier. 
Pas un seul d’entre nous n’a eu l’objectivité de comprendre que l’adresse qu’il avait mentionné était le destin funèbre qui nous attendait tous !

Au cours de toutes ces années, il n’avait pas fait qu’enregistrer le nom des personnes avec qui il avait eu affaire. 
Il s’était renseigné sur eux, sur ce qu’ils aimaient, sur les personnes qui leurs étaient les plus chères, et il les a fait disparaître de notre existence…

Aucune preuve qu’un crime a été commis, tant par lui que par des intermédiaires. 
Une seule chose est certaine : De la même manière que nous avons fait disparaître de sa vie, les personnes qu’il aimait le plus; nous, ces anciens interlocuteurs sans cœur, nous avons perdu de vue les êtres, qui étaient le socle de notre existence même…

Pas une seule tombe pour aller pleurer une personne disparue. 
Juste un maigre espoir qu’ils soient encore en vie et bien traités. 
Pourvu qu'ils ne les traitent pas comme nous les avons regarder mourir en souriant.

C’est tout ce qu’il nous reste comme espoir en notre cœur…

samedi 4 avril 2015

J'aurai voulu être gendarme

J’aurai voulu être gendarme

Je suis née avec cette idée en tête, mais je n’ai peut-être pas grandi dans le quartier qu’il fallait.
Mon quartier ce n’était qu’une dizaine de tours de trente étages.
Bon, ce n’est pas commun, je vous l’avoue, mais elles ne sont que du béton.
En plus, je peux même pas vous dire que c’est la faute du divorce de mes parents, puisque j’étais bien content d’aller chez l’un et chez l’autre.
Le changement d’air, j’ai appris très tôt que ça faisait un bien fou.

Ah, si l’autre con nous avait pas arrêté, j’y serai là au garde à vous.
Mais bon, c’est pas de sa faute.
J’avais pas de casque, c’était pas ma mobylette, et il était en service.
Des fois, je me dis qu’il aurait dû sentir que je voulais être gendarme.
Mais les flics, ça aime pas les gendarmes, c’est bien connu.

Bon, si c’est pas lui le con, ça doit être le juge.
J’ai jamais voulu être juge, et il a dû le sentir.
Ça doit être pour ça qu’il m’a condamné à un mois de prison ferme.
Je me suis longtemps posé la question :
« Et si je lui avais avoué que je voulais être gendarme m’aurait-il laissé une chance ? »
Je m'imagine l'entendre me dire : Gendarme ? Et pourquoi pas fonctionnaire de police, pendant que vous y êtes !
Et là, nul doute que ce serait parti en couilles, car je n’aurai pas eu d’autre choix que de lui répondre, que dans mon quartier, des gendarmes, il n’y en avait pas, et que par conséquent, je n’avais aucune raison de leurs en vouloir.
Ce qui n’était pas le cas de la B.A.C !

J’aurai voulu être gendarme, mais une erreur a fait de moi un criminel.
Il m’a fallu du temps pour m’en remettre, tant pour mon avenir perdu, que de ce passage entre quatre murs.

Je suis resté un détenu bien des années après avoir purgé ma peine.
Ce n’est pas l’homme qui a été incarcéré, mais les rêves d’un enfant que l’on a verrouillé à jamais.
Je n’ai pas eu cette chance d’être gendarme, mais j’ai le bonheur de t’avoir connu, toi, ma gendarmette, dont mon coeur ne cesse de battre pour toi, depuis de nombreuses années.
Maintenant peut m’importe d’avoir voulu être gendarme.
L’essentiel est que tu restes près de moi, toi, le rêve que je n’aurai jamais pu imaginé, tant tu m’as apporté ce don je n’aurai jamais cru pouvoir recevoir de la vie.
Merci d’être près de moi, et de m’aimer pour ce que je suis.
Je t’aime.



jeudi 1 janvier 2015

PETIT FRERE


PETIT FRERE

Depuis que j'ai appris à t'accepter et à t'aimer, j'ai cherché à te parler de tout ce qui s'était passé de ces moments si cruel à vivre, tant par la violence de ton père, que de ta venue au monde.

Ce qui m'en a toujours empêché, ce n'est pas une certaine lâcheté personnelle, mais bel et bien l'énorme violence, que j'ai toujours perçu en toi.

Je ne savais pas si elle était l'héritage génétique de ton père ou si elle dépendait de ton subconscient, qui se rappellait de ces deux bonnes fessées, que je t'avais donné.

Avant cette époque, la seule souffrance intérieure, que je devais avoir, était celle du divorce de mes parents, qui s'était déroulé sans mot et sans violence. Ainsi, du jour au lendemain, sans l'avoir soupsonné une seule seconde, notre famille avait rejoint le cercle répandu des divorcés.

L'année d'après venait au monde du côté parental, un demi frère, suivi de toi à six mois d'intervalle...

Autant, j'apprendrai plus tard que j'étais un enfant non voulu, autant ta conception volontaire n'avait pas été sur les bases d'un amour réciproque, mais bel et bien pour démontrer à mon père, que ma mère était également capable d'avoir un enfant de son côté, sans lui.

En cela, nous avons eu une bien triste naissance tous les deux.

Comme si la violence de ton père n'était pas suffisante, nous avons dû affronter tous les autres êtres maléfiques de ta famille, qui n'avaient pas hésité une seule seconde à aller jusqu'à te jeter un sort. C'était vraiment surréaliste !

Notre grand frère, quittera notre famille, pour se choisir une nouvelle famille, l'armée. Nous laissant seul face à notre destin... Je ne lui en ai jamais voulu, car c'était de loin le meilleur choix, pour lui. C'était d'ailleurs surement sa seule chance de devenir quelqu'un d'équilibré. Je regrette seulement, qu'il n'ait jamais joué son rôle de grand frère, vis à vis de moi. Mais comment lui en vouloir, alors qu'il avait été le premier à partir en vrille dans ce chaos familial, qui était le nôtre.

Notre sœur, elle, en attendant de se trouver un homme valable, se prendra régulièrement des baffes dans la gueule par ton père. Elle réussira à choisir le bon, qui lui donnera trois enfants, et tiendra avec honneur son rôle. Je ne n'ai jamais aimé son mari. Il est si pauvre en humanité. Seul son sang l'interresse. En dehors de cela, c'est un parfait prédateur.

Moi, je n'étais rien, bien trop fragile, faible et impuissant au milieu de ce chaos...

J'avais bien cherché à partir vivre chez mon père, mais il avait dû tomber sur la tête lui aussi pour s'être remarier avec cette chose vulgaire, incapable de faire autre chose à manger, que des trucs immageables et toujours micro-ondables ! J'ai appris très tôt qu'il était préférable de vivre dans un univers violent, mais où la bouffe était bonne, plutôt que l'inverse !

Les pires moments de mon adolescence, à n'en pas douter...

Malgré ce qu'était ma belle mère, j'aurai pu ne pas revenir auprès de vous, mais quitte à souffrir d'une situation autant choisir la pire. Et Dieu sait, que je vous détestais, toi et ton père, bien plus que mes ennemis d'alors.

J'avais bien cherché à trouver refuge au sein de l'église, mais je n'y avais trouvé que des prêtes pédophiles, et des fidèles totalement aveugles de la perte de mon innoncence. Pas une seule fois, une main ne m'a été tendu. Tous ses « hommes » de Dieu priant uniquement pour leur propre salut, totalement inconscient, que cet endroit, supposé être une demeure divine, n'était qu'un sanctuaire où les flammes de l'enfer les enveloppaient déjà !

C'est en voyant une crèche que j'ai compris qui tu étais. Tout comme l'ensemble de ces âmes asséchées chrétiennes, tu étais au sein de notre foyer cet enfant roi, qui n'avait d'autre pouvoir que de nous rendre invisible aux yeux de tous !

Ma haine du Christ, de ce soit disant sauveur de l'humanité a été telle, que j'ai offert mon âme au diable, à la violence de la rue, aux drogues, et à tout ce qui pouvait être contraire à la société. Il ne se passait plus un jour sans que je ne me batte, et grâce à cela, vous avez disparu de mon existence, alors que nous partagions encore le même toit.

Je dois bien être le seul homme qui t'ai fait pleurer deux fois... Assurément le seul qui ai levé la main sur toi de toute ta vie, jusqu'à aujourd'hui ! Mais il faut me comprendre, si notre mère ne t'avait pas porté, ton père n'aurait pas fait long feu, dans notre foyer. Malheureusement cette erreur s'est transformée en faute !

Mon parcours s'est fini naturellement par la case prison. Et tu veux que je te dise ? C'est la première fois que j'ai pu soufflé, et par extension arrivé à reprendre mes esprits ! J'étais si heureux là-bas, que même les surveillants ne comprenaient pas ma présence, alors que j'y avais toute ma place. Seuls les détenus avait compris, que j'étais habité par une force diabolique destructrice, et jamais personne n'avait osé l'affronter, alors que j'étais le seul à avoir dix huit ans, là ou le minimum requis pour être dans ce département carcéral était de vingt années.

La prison ne m'a pas changé. Elle m'a simplement permis de reprendre mes esprits, et de me rendre compte que malgré tout ce que j'avais pu faire comme choses mauvaises, des personnes s'étaient attâchées à moi et aux valeurs que je portais naturellement.

Plus tard, les choses avaient changé. Nous nous sommes bel et bien rapprochés. Le jour de mon retour, il y avait dans tes yeux une joie sincère et forte de me revoir. Dans les miens, si tu avais fait plus attention, tu aurais découvert, que j'étais étonné de cet attachement. J'étais resté au stade de ces deux fessées, et du reste. Face à cette sincérité émotionnelle, presque irrelle à recevoir de ta part, je m'étais décidé à te prendre sous mon aile, de mettre à ton profit toutes les expériences, que j'avais vécu jusqu'à lors, afin que tu les surpasses, si un jour tu venais à y être confonté. Mais à chaque fois, systématiquement, tu choisissais toujours de suivre mes mauvais côtés, et rejetais le reste. J'étais effondré...

Lorsque notre mère, t'as autorisé à faire pousser de la verte, toute l'éducation, qu'elle m'avait transmise et qui avait un sens, était devenue injustifiée. A cela s'était rajouté le dénigrement de ma présence auprès de vous, et l'assassinat pure et simple de ma profession, qui me rendait si fier, de ce que j'étais devenu. J'avais réussi à devenir le meilleur commercial de ma société, mais pour notre mère qui ne voulait plus de ma présence, ce n'était rien d'autre que le pire des jobs. Celui qui jamais ne m'apporterait la moindre gratitude familiale, là ou pourtant j'étais presque adulé de mes collègues, par mes performances.

Cette fois-ci, je ne vous ai pas abandonné, pour partir sous un autre toit. Je me suis contenté de fuir le domicile pour la rue, et ne plus être qu'un SDF. Pour vous tous, c'est comme si cela n'avait jamais été, alors que me concernant, je ne m'en suis jamais vraiment relevé psychologiquement. Être SDF, c'est une étiquette bien pire à porter en soi, que celle d'être un ex taulard ! Mieux vaut être craint qu'invisible !

Avant de réussir à me stabiliser, il m'en est arrivé des déboires. Certains miracles m'ont aidé à poursuivre mon chemin, heureusement. Cependant, lorsque je t'ai invité chez moi, et que tu as été immonde, tout cela parce que tu n'avais pas ta ridicule dose de verte, je t'ai chassé de chez moi sans le moindre remord, ni regret. Rarement une personne ne m'a fait honte de ce qu'elle était, et il a fallu que ce soit toi !

J'ai toujours su que ce jour allait arriver, car tu as toujours porté en toi une violence terrifiante. Je ne savais pas quant elle allait exploser, mais j’avais toujours appréhendé le jour où cela se produirait.

Quand tu as pété les plombs chez moi, jamais au cours de ma vie, je n'avais été entouré d'une énergie aussi violente. Elle était si intense, que cela m'avait rappelé un jour où j'avais été gazé par une bombe paralysante, incapable de respirer, cherchant la moindre goutte d'air, afin de ne pas mourir asphyxié.

Ce jour là, ce n'était plus mon frère qui était à mes côtés, mais bel et bien ton père !

Cependant, pendant que tu explosais, j'étais resté là sans bouger, maîtrisant totalement mes émotions face à cette faiblesse, qui t'as toujours caractérisé. Calme et impassible, je t'ai alors dit ce que tu n'étais pas prêt à entendre : « De toute façon, tu m'as toujours fait chier, et si tu n'es pas content, tu dégages ! ».

J'ai bien ressenti ton énergie désespérée à cet instant, mais au lieu de reprendre ton calme, et te remettre en question, tu as préféré me reprocher d'avoir bu, et d'avoir dit des choses que je ne pensais pas.

La vérité est cruelle n'est-ce pas ?

C'est alors que tu m'as montré, à nouveau, ton vrai visage, celui que j'ai toujours connu : Comme un chef autoritaire, tu as ordonné à ta fiancée de faire vos affaires, sans ne serait-ce que l'aider à plier bagage. Il n'y a pas d'autre vérité à retenir de toi. Tu fais le gentil, puis peu à peu, tu prends les rênes, et telle une bête immonde, un serpent au sang froid, tu avales tes proies soigneusement choisies...

Dix ans... Dix ans que tu as laissé sans nouvelle notre mère, alors qu'elle t'a tout donné, qu'elle s'est sacrifiée plus que n'importe quelle mère pour son enfant. Elle n'avait d'yeux que pour toi, et t'as offert un amour plus important que ce qu'elle a été capable de donner à ses trois premiers enfants réunis. Comme tu es faible, et indigne ! Tu as reçu plus d'amour maternel, que nous n'avons jamais eu, et tu lui as craché à la figure, en l'oubliant purement et simplement !

Tu n'as jamais aimé l'homme avec qui elle était. Pour toi, ce n'était qu'un clochard. Je vais te dire le fond de ma pensée sur lui. Cette homme là n'était pas riche. Comme beaucoup de milliers de personnes, il vivait chichement, mais sans aller dans les détails, cet homme vaut encore aujourd'hui bien plus que ce que tu n'es devenu ! Contrairement à toi, lui à su voir mes bons côtés, et par extension, il s'est engagé pour moi, là ou toi, et tous les autres membres de ma famille n'ont jamais lever le petit doigt. De plus, il a surement été le seul homme à avoir véritablement aimé notre mère.

Ainsi j'ai dû apprendre à vivre avec un beau père immonde, que n'était le tient, et un beau père digne d'être un père, que tu as innondé de tous les maux !

Tu as détruit l'existence heureuse de ta propre mère, et malheureusement, comme à chaque fois, c'est moi qui ai payé les pots cassés... Et toi, mon frère qu'as tu fait dans ces moments ou je me suis fait massacrer ? Tu n'as jamais ouvert la bouche pour la contredire, sachant parfaitement que ces accusations ne tenaient pas la route. Par contre, tu as eu le culot de dire à ta fiancée, tout le mal qu'elle m'a fait subir, et que c'était, entre autre, une raison supplémentaire, qui faisait que tu ne voulais plus lui parler ! Ce jour là, si je n'avais pas évolué, je t'aurai massacré à coup de poing, afin d'espérer de faire découvrir la personne que tu étais vraiment, et de tout le mal dont tu étais responsable, toujours un peu plus chaque jour, malheureusement.

Il a été long mon chemin, car passé de la violence totale et absolue à la non violence assumée n'est pas un chemin de tout repos. L'équilibre entre les deux m'est toujours fragile d'ailleurs.

A l'instant où j'écris ces lignes, je ne me fais aucun doute à ton sujet : Dans le meilleur des cas, tu ne bosses pas, et tu vis sur le dos de ta copine, qui, elle, a le mérite d'essayer d'arriver à toucher et d'atteindre les buts qu'elle s'est fixée. Dans le pire, elle s'est débarrassée de toi, et tu es nulle part !

Ce qui m'a fait le plus mal dans tout cela, au final, ce ne sont que les mots de mère, qui un jour me dira : Curieusement, on ne t'a jamais voulu, mais tu es celui qui nous a le plus aimé !

Cela n'a rien changé sur le plan affectif entre nous. Cependant, elle reste la seule à me connaître parfaitement. Ce n'est pas rien !

Ce qu'elle a détesté le plus chez moi, c'est quand elle me voyait souffrir, et que jamais je ne prononçais le moindre mot. Mes véritables souffrances se sont toujours exprimées en silence et sans larmes. Je dois tenir cela de mes deux grands pères, qui ont vécu la dureté de la guerre, tout en restant silencieux après guerre, de ce qu'ils avaient vécu.

Ma mère me connait si bien, que lorsque je l'ai appellé le jour de Noël, elle était totalement effrayée, car elle était certaine, que je m'étais suicidé et que c'était d'outre tombe que je lui parlais! Je n'ai jamais obtenu l'amour que j'espérai d'elle, mais j'ai bien conscience, à présent, qu'il existe bien un amour d'une mère à son fils, et qu'il n'est pas aussi insignifiant que je ne me l'étais imaginé.

J'ai appris également une chose d'elle, qui m'a surpris. Elle ne fera jamais le moindre geste, pour que tu reviennes vers elle. Elle m'a même interdit d'en être l'intermédiaire. Cela fait trop longtemps que tu l'as abandonné, et elle s'est fait une raison.

A présent, il n'y a plus rien qui t'attende dans le village où tu as grandi. Ni mère, ni maison familiale. Je ne sais même pas si tes amis d'enfances, que tu as abandonné, seront contents de te revoir ou s'ils t'ont oublié comme tu ne l'as fait.

Notre soeur, sans le savoir a répété les mêmes erreurs que mère avec toi. A travers l'éducation qu'elle a donné à ses enfants, en les surprotegeant du monde extérieur, je me rend compte que j'ai eu la meilleure des enfance. Son fils, mon neveu, sans le savoir, est condamné à un triste destin humain. D'un point de vue sociétal, l'on peut aisément dire qu'il a reçu une éducation parfaite au sein d'un environnement plus que convenable. Malheureusement, ce sont ces mêmes circonstances, qui a déjà fait de lui un être sans la moindre valeur humaine, incapable de prendre conscience de ce que représente la parole donnée. Dans un sens, il deviendra comme toi : un être agréable tant que l'on ne gratte pas en profondeur.

Notre grand frère est maintenant le plus à plaindre. Il n'a pas su se remettre en question, et son fils est maintenant en prison, pour de très nombreuses années. Il aurait dû pardonner les infidélités de sa femme au profit de sa famille. Mais il a préféré, au nom de son honneur baffoué, sacrifier l'équilibre psychologique de ses enfants.

J'ai dû être le seul à me rendre compte de la détresse de son fils, et je devais surement être la seule personne capable de l'aider à vivre avec cette rupture. Je me rappellerai toujours de cette dernière image de lui, où son regard s'était égaré au fond de lui même. A travers lui, je m'étais reconnu, et au travers de mon frère et ma mère, présent également ce jour là, je n'avais pu que constater que le même scénario se répétait inlassablement de père en fils. Chacun aveuglément perdu dans son monde, uniquement conscient de ce qui les touche directement et personnellement.. J'étais bouleversé... Mère n'avait pas voulu que je lui porte conseil, angoissée à l'idée, que je ne pouvais être que le porteur de mauvais conseils... 15 ans après mon passage en prison, l'arrêt total de mes conneries, et mon intégration dans la société, je n'étais rien d'autre qu'un ex taulard...

Je pense souvent à mon père, dont je ne dois rien, et peut-être tout. Il a toujours été ce qu'il a été, et grâce à tous ses défauts, j'ai réussi à érigé une personnalité propre diamétralement opposée à la sienne. En cela, je lui dis merci. Car sans lui, je ne me serai, sans doute, jamais instruit.

Quand à toi, si tu ne reprend pas contact avec notre mère, si tu ne te remet pas en question sur ce que tu es, tu resteras toujours un homme qui a tout échoué, là ou le destin t'avait doté de toutes les capacités et moyen financier, afin que tu deviennes un grand de ce monde.

Le seul compliment que j'ai eu de toi était à la base un reproche sensé me faire mal. Tu m'avais dit : « cinquante pour cent de ce que tu racontes, ce ne sont que des conneries. » Ce qui veut dire, que si à mon âge, je suis à cinquante pour cent de la vérité, c'est que j'ai sacrément fait un beau parcours sur le chemin de la vérité ! Je n'ai jamais été aussi honoré, que par cette phrase, qui se voulait malsaine, et il s'en ait fallu d'un cheveux pour que je t'en remercie.

Elle est vraiment belle la vie, même si j'aurai mille fois préféré en vivre une autre, bien plus paisible et naïve. Mais je te l'accorde, c'était mon destin. Tout s'est fait contre ma volonté, et je n'aurai surement jamais la chance de vivre ma vie autrement. Je suis né pour aimer et être rejeté, mais je préfère mille fois cette vie à n'importe quel autre membre de ma famille.

Je n'ai pas eu la chance de choisir en toute quiétude mon destin, contrairement à toi qui avait un destin tout tracé, mais qui a tout foutu en l'air par vanité, pour au final n'être plus qu'une ombre de toi même.

Je ne t'écris pas ces mots pour te dire, que je suis meilleur que toi ou autre. Je le fais uniquement dans un but égoiste, afin d'essayer de me guérir sur au moins un aspect de mon comportement, qui me pourrit la vie depuis plusieurs décades. Au cours de ces ténébreuses années, mon âme a été brisée à de nombreuses reprises. Bien trop de ses éclats sont devenus poussière, et plus encore ont été recollés dans le désorde. Du coup, je crois qu'il n'est pas faux de dire de ma personne, que je suis devenu un skizophrène multipolaire. A chaque fois, que je sens l'amour m'envahir et être carresser par les sentiments d'autrui, à un moment donné, je les sens partir de mon être, puis disparaître, et enfin m'entendre dire l'exact contraire de ce que je souhaitais dire oralement ou par écrit. Je suis totalement incapable de maîtriser ce phénomène, et malheureusement, je blesse toujours celles que j'aime sincèrement. Je viens de vivre ce phénomène encore cette semaine. C'est une veritable catastrophe, et en même temps, un simple épiphénomène, car cette symptomatologie se répercute sur biens des domaines, notamment professionnel et sportif.

J'en ai eu assez de vivre une vie, qui n'était pas la mienne, faîtes d'alcools et de drogues.

J'ai écrit mon premier poème en prison. 22 ans après, je réalise, que j'écrivais dans le seul but d'être certain d'employer les mots correspondants à mes véritables émotions. C'est chose faîtes aujourd'hui, et j'espère que toi aussi, tu puisses trouver un moyen, qui te libérera de toute cette agressivité, vanité et égocentrisme, qui te caractérise tant.
Ton grand frère...