samedi 4 avril 2015

J'aurai voulu être gendarme

J’aurai voulu être gendarme

Je suis née avec cette idée en tête, mais je n’ai peut-être pas grandi dans le quartier qu’il fallait.
Mon quartier ce n’était qu’une dizaine de tours de trente étages.
Bon, ce n’est pas commun, je vous l’avoue, mais elles ne sont que du béton.
En plus, je peux même pas vous dire que c’est la faute du divorce de mes parents, puisque j’étais bien content d’aller chez l’un et chez l’autre.
Le changement d’air, j’ai appris très tôt que ça faisait un bien fou.

Ah, si l’autre con nous avait pas arrêté, j’y serai là au garde à vous.
Mais bon, c’est pas de sa faute.
J’avais pas de casque, c’était pas ma mobylette, et il était en service.
Des fois, je me dis qu’il aurait dû sentir que je voulais être gendarme.
Mais les flics, ça aime pas les gendarmes, c’est bien connu.

Bon, si c’est pas lui le con, ça doit être le juge.
J’ai jamais voulu être juge, et il a dû le sentir.
Ça doit être pour ça qu’il m’a condamné à un mois de prison ferme.
Je me suis longtemps posé la question :
« Et si je lui avais avoué que je voulais être gendarme m’aurait-il laissé une chance ? »
Je m'imagine l'entendre me dire : Gendarme ? Et pourquoi pas fonctionnaire de police, pendant que vous y êtes !
Et là, nul doute que ce serait parti en couilles, car je n’aurai pas eu d’autre choix que de lui répondre, que dans mon quartier, des gendarmes, il n’y en avait pas, et que par conséquent, je n’avais aucune raison de leurs en vouloir.
Ce qui n’était pas le cas de la B.A.C !

J’aurai voulu être gendarme, mais une erreur a fait de moi un criminel.
Il m’a fallu du temps pour m’en remettre, tant pour mon avenir perdu, que de ce passage entre quatre murs.

Je suis resté un détenu bien des années après avoir purgé ma peine.
Ce n’est pas l’homme qui a été incarcéré, mais les rêves d’un enfant que l’on a verrouillé à jamais.
Je n’ai pas eu cette chance d’être gendarme, mais j’ai le bonheur de t’avoir connu, toi, ma gendarmette, dont mon coeur ne cesse de battre pour toi, depuis de nombreuses années.
Maintenant peut m’importe d’avoir voulu être gendarme.
L’essentiel est que tu restes près de moi, toi, le rêve que je n’aurai jamais pu imaginé, tant tu m’as apporté ce don je n’aurai jamais cru pouvoir recevoir de la vie.
Merci d’être près de moi, et de m’aimer pour ce que je suis.
Je t’aime.



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