Je me
souviens de ce temps, où... vous mes amis, étiez prés de moi. De cette jeunesse
où la tendresse n’avait d’autre mot que l’amitié. Tous, autant que nous étions,
avions voilé notre âme d’enfant, et ne laissions entrevoir que notre future âme
d’homme. Face à la rue, entouré de ces immenses tours, nous ne pouvions extérioriser
le moindre sentiment d’affection, ou d’amour, que nous portions en nous. Il
nous fallait être fort, et pour cela, nous ne pouvions qu’être dur envers nous
même. C’était le monde dans lequel nous vivions, et nous n’en connaissions pas
d’autres. Notre rythme de vie ne nous permettait pas d’entrevoir une vie
meilleure; d’ailleurs nous n’y avions sûrement jamais songé, tant cela était
utopique. Nous étions les ombres de la nuit, nées d’une génération où la lumière
de la foi s’était éclipsée. Tous issue de familles déchirées, et au chômage,
nul autre que nous ne pouvait nous tendre la main. À nous tous, nous avons
accompli les contes des mille et un vices. Toutes les bêtises était bonnes à
apprendre et à faire. Curieusement, nous étions quelque part heureux, car nous
avions toujours des méfaits à nous raconter, à toute heure de la journée, et
cela nous permettait de mettre un peu de sel, dans nos vies fades, où les journées
semblaient si longues, si monotones, et si ennuyeuses.
Puis, petit à petit, La Mort est
venue brûler les liens que nous avions su tisser...
Salim, mon ami, dont la vie a été
retiré par ce taxi, le feu vert rouge sang...
Christine, dont la tempête de neige a également ensevelie
tes grands-parents.
Karine... Celui qui partageait ta vie s’en est accaparé le
droit, et tu a fini ta chute, trois étages plus bas, sur les rails. Christophe,
mon frère, ton coeur s’est éteint, te laissant à toi seul, le droit de mourir
dignement chez toi.
Et quand à toi, Mamadou, mon dernier ami d'enfance, tu as reporté la violence, que t'imposait tes parents, sur des victimes innocentes, que tu as violé ou tué, dans un éclat de déchaînement si puissant, que personne n'a voulu comprendre ou admettre, que seuls tes parents étaient les vrais précurseurs et responsables de ta folie meurtrière...
Sache qu'au travers de ces lignes, la place d'amitié, qui sise en mon cœur, t'est toujours assurée, mon ami...
A Paris ! De toi, je n'ai que le souvenir de la "déchirance", d'une vie sans repère, d'une vie qui se perd, d'un goût amer au travers de toutes ses histoires sans queue ni tête, et de cette détresse qui ne m'offre que d'autre choix, que de te percevoir comme étant le capitale de ma peine...