mercredi 21 août 2013

Je suis aveugle


On m’a retiré mes cornées, sans la moindre explication donnée.

Je croyais être dans un pays, où il y fait bon vivre.

Tout s’est passé si vite...

 

Je me trouvais sur le mont d’une colline.

Sur son socle, je me prélassais, humant une pureté d’oxygène, si rare.

Les oiseaux m’enveloppaient, leurs chants m’extasiaient.

Divers insectes parcourraient mon corps, ils me faisaient frissonner sous cette chaleur d’été.

Allongé dans l’herbe, je regardais le ciel, vide de nuages.

Si bleu, que j’y ai vu le reflet de la mer.

Ah! Quelle belle journée, cela était…

La forte perception de mes sens avait drogué mon attention.

Mes yeux s’étaient fermés sur les images du bonheur.

 

Aujourd’hui, rien ne sert de les ouvrir.

La seule exception est la fête d’halloween.

Mon nouveau bonheur est de faire peur à la peur.

Mes yeux, que je ne saurais décrire...

Me sont utiles , un seul jour de l’année.

Ce jour là, les enfants crient de peur et je rie, je rie.

Le seul jour, où je n’ai besoin pas d’assistance.

Je reste derrière la porte, et j’attend les petits enfants.

J’aurai pus en vouloir au monde entier, mais j’ai accepté cette dure fatalité.

Car ce jour fatidique, mes agresseur m’avaient re-déposé, là où ils m’avaient enlevé.

 

Ce jour précis, un vent chaud m’avait enveloppé comme une couverture.

Il effacait la peine que je n’arrivais à extraire.

Je me sentais si nu, sans ma vue.

J’ai ressenti les vibrations du soleil, comme un clin d’oeil amical.

Un clin d’oeil de bienvenu dans un monde qui m’était inconnu.

Et cette merveilleuse sensation, chaude et baveuse, de la langue d’un chien.

Dernier signe d’un destin, où désormais nous suivons le même chemin.

 

Je pense toujours à vous, amis, qui m’avez dit: “Tu verras, c’est un beau pays.”

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