Je ne faisais que sortir mon chien,
n'imaginant pas une seule seconde, que j'allais te rencontrer.
Je me suis retrouvé intimidé,
conscient qu'en moi, quelque chose vibrait.
Je me suis senti immature, presque
reparti dans les sentiments si naïf de l'enfance.
Aucune barrière ne s'est mise entre
nous.
Ce soir là, nous étions fait pour
nous rencontrer.
Notre premier échange a duré sans
s'éterniser.
C'était un instant comme ça,
sympatique et magique, qui ne demandait rien d'autre que d'être
vécu.
J'ai failli oublié cet instant, mais
une nouvelle fois, bien des semaines plus tard, nos chemins se sont
croisés.
Personne ne jouait son rôle, nous
étions là, simplement, comme si cela avait toujours été.
Chacun racontant son instant présent,
sa fatigue et ses joies.
Où était donc cet homme mystérieux,
qui ne parlait que de la pluie et du beau temps, sans jamais se
rapprocher d'une quelconque intimité avec autrui ?
Pourquoi ai-je communiqué comme si je
l'avais connu depuis de nombreuses années.
Que suis-je donc devenu au cours de ses
dernières années ?
Me suis-je obstrasicé de moi-même ?
Je ne sais même pas combien de
semaines sont passées, avant que de nouveau, cette routine
quotidienne s'est retrouvé éclipsée, par la joie de te revoir,
alors qu'encore une fois, je ne pensais plus à toi.
Mais cette fois là, je ne pouvais me
mentir à moi même.
Mon être tout entier vibrait du
plaisir de te revoir et de discuter.
Aucune illusion, aucun enfantillage,
juste de l'authentique de ce court moment à vivre, lorsqu'il nous
est donné.
L'on pourrait croire que nous nous
aimons, et pourtant, en amour, je ne resterai qu'un second choix.
Un homme que l'on aime, mais avec qui
on ne fait pas sa vie, et avec lequel l'on ne donne pas vie à une
relation.
Ce n'est pas un destin, ce n'est qu'une
vie qui m'est mienne.
Peu importe la franchise, la véracité
de ce qui est.
Pour les autres, je ne suis que le
second choix.
Je ne suis que celui qui apporte le
rêve d'une vie meilleure, d'un bel homme à qui l'on dit « encore ».
Mais au delà de cela, je ne suis rien
d'autre que l'ombre des hommes...
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